Biographies

On the road with Joachim Bérose, de Saint-Claude à Los Angeles

Joachim BéroseFils du pianiste Dominique Bérose, Joachim Bérose a toujours su qu’il serait musicien professionnel, et surtout qu’il ne voulait pas se cantonner aux reprises d’artistes connus, mais bien les côtoyer, jouer avec eux et pourquoi pas un jour les produire. Si la Guadeloupe est bien une terre musicale, Joachim en a vite cerné les limites quand il s’agit de se frotter à l’international. Il a largement profité de son enfance antillaise pour en assimiler les subtilités rythmiques et mélodiques auprès de tambouyés comme Serge Dorville, de jazzmen aux influences métissées comme Jocelyn Ménard. La batterie est son instrument, et il puise ses références auprès de batteurs aujourd’hui reconnus comme Jean-Philippe Fanfant, Sonny Troupé, José Zébina ou Dominique Bougrainville.

« J’ai toujours su que je trouverais un moyen de partir même si la plupart pensait que c’était impossible. Tout le monde me disait d’arrêter de rêver, et je crois que c’est ce qui m’a encore renforcé dans l’idée de tenter de rentrer à Berklee, même si c’est très dur ! » précise Joachim. Il contacte alors Patrick de Caumette, guitariste émérite, ami de la famille, passé lui-même par Berklee, et installé à Philadelphie. C’est finalement chez lui qu’il prépare son audition et ce dernier le pousse littéralement dans le train pour Boston alors que le trac étreint Joachim. « L’audition fut un moment inoubliable. Je ne parlais alors quasiment pas anglais et je comprenais uniquement qu’on appelait mon nom ! La compétition était intense, avec des musiciens du monde entier. On m’a demandé de jouer tous les styles possibles, de faire de la lecture à vue, du solfège, de la reconnaissance de note, pour finir par une interview. Ouf ! L’audition s’est finalement très bien passée et il est certain que le fait d’avoir appris la musique guadeloupéenne m’a beaucoup servi ».

joachim-2-630Joachim rentre alors en Guadeloupe et attend anxieusement le résultat. Ce sera finalement une excellente note, et surtout l’une des bourses les plus élevées possibles pour rentrer à Berklee. Full scholarship ! Une belle victoire. Mais la première marche seulement, car le plus dur est à suivre : réussir sa scolarité et continuer à mériter le renouvellement de sa bourse. L’échec conduirait au retour immédiat à la case départ… Joachim apprend l’anglais, suit le rythme effréné des cours et des devoirs – 15 de moyenne nécessaire pour conserver sa bourse – en même temps qu’il travaille au sein de l’école pour subvenir à ses besoins : professeur de français, ingé son, assistant, tout est bon ! En contrepartie, Joachim Bérose bénéficie d’enseignants hors pair. Rien que pour la batterie, il travaille avec Mark Walker (Michael Brecker, Chucho Valdès, Andy Narell…), Alberto Netto (Giovanni Hidalgo), Tony Smith (John McLaughlin, Serge Gainsbourg), Neal Smith (Isaac Hayes et Anita Baker) ou encore Bob Tamagni (Pat Metheny, Gary Burton). Du côté production et composition, il étudie avec Stephen Croes (Stevie Wonder, Earth Wind & Fire, Star Trek), Eric Reasoner (Die Hard Trilogy), Michael Sweet (XBOX, Microsoft, MTV, CNN)… Hors des cours, Berklee c’est aussi l’occasion de grandes rencontres comme celles de Quincy Jones, Terry Line Carrington, Peter Erskine, Anthonio Sanchez ou John Mayer.

joachim-blackwell-630Joachim a l’occasion de jouer en duo de batterie avec John Blackwell, et rencontre surtout le grand producteur David Frank. « Avoir l’occasion de participer à des sessions d’écriture dans son studio quand on sait qu’il a produit des artistes allant de Christina Aguileira à James Morrison en passant par Madonna, Eric Clapton ou Chaka Khan était tout simplement extraordinaire » se rappelle Joachim. Du côté industrie, il co-produit plusieurs titres sur l’album J’adore De-Lor de Sebastian Mikael, dont certains se retrouvent sur quelques mixtapes très en vue présentées par Trey Songz, John Legend et Jeremih. A cette occasion, il rencontre Pascal Guyon, producteur largement récompensé, et qui a mixé le projet. Bref en un mot, Joachim entre peu à peu dans un cercle professionnel de qualité, et monte son réseau, en route et sans faillir, vers son objectif.

jb_berkleeEn août dernier, Joachim Bérose obtient son diplôme de Berklee et part dans la foulée s’installer à Los Angeles… Il entre chez Epic Wave, un studio spécialisé en musiques de films et jeux vidéos, qui a collaboré par exemple à Iron Man 2, Transformers, Evan Almighty etc. en tant que manager et compositeur. A Beverly Hills, il travaille également pour The Collective qui manage des artistes comme Kelly Rowland, Toni Braxton, Guns and Roses ou encore Kanye West. Rien que ça. « Mon objectif est vraiment de monter mon propre label pour pouvoir produire des artistes internationaux. Travailler dans de telles sociétés est donc très important pour moi. Je veux pouvoir enregistrer mes batteries dans mes propres productions, et je monte actuellement mon groupe jazz & soul ».

Autant dire que Joachim est lancé, et qu’il n’est pas prêt de s’arrêter. C’est une histoire où le talent le dispute à la volonté, et qui illustre cette célèbre citation de Mark Twain « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Aujourd’hui, Joachim Bérose a des projets plein la tête dont il n’a jamais été aussi proche, grâce entre autres aux mentors qu’il a croisés ces dernières années. Patrick de Caumette bien sûr, mais également Alain Mallet et Jetro DaSilva qui lui ont énormément apporté tout au long de son parcours. On attend avec impatience la suite !

Retrouvez Joachim sur son site web : http://www.joachimbmusic.com/



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