Certains albums naissent d’une nécessité. Resistance — le nouvel album de Jacques Schwarz-Bart en trio — est de ceux-là. Pas un manifeste abstrait, pas un exercice de style : un acte. La réponse musicale d’un homme à l’époque qu’il traverse, depuis la ville dans laquelle il vit, avec les musiciens en qui il a confiance depuis plus de vingt ans.
Jacques Schwarz-Bart vit à Boston. Face à la résurgence de l’autoritarisme au cœur des démocraties occidentales, il choisit une réponse : transformer l’inquiétude en sérénité.
« Lorsque Trump est revenu au pouvoir, j’ai tout de suite compris ce qui était en train d’arriver. Je pouvais entrer dans une phase de dépression, ou — à travers mon art — trouver une source de sérénité avec ceux qui partagent mon inquiétude. La musique, c’est notre superpower. »
Son père, André Schwarz-Bart, fut le plus jeune résistant de France. En 1959, il écrivit Le Dernier des Justes (prix Goncourt 1959), puis avec sa mère Simone, il écrivit La Mulâtresse Solitude, roman consacré à une figure majeure de la résistance à l’esclavage en Guadeloupe. Entre résistance au fascisme et lutte contre l’oppression coloniale se dessine une filiation que Jacques Schwarz-Bart porte, et qu’il tient à transmettre à son fils. «Je me sens dépositaire de ce flambeau — que j’essaie, à mon tour, de passer à mon fils. »
Pour ce projet, Jacques Schwarz-Bart a fait un choix délibéré : une formation sans instrument harmonique — saxophone ténor, contrebasse, batterie. Pas de piano, pas de guitare. Un acte de liberté structurelle, qui ouvre un espace d’improvisation radical. « Les instruments harmoniques enferment souvent les improvisateurs dans un cadre d’accords prédéterminé. Leur absence ouvre un espace de folie supplémentaire. »
Line-up : Jacques Schwarz-Bart (sax), Reggie Washington (b), Arnaud Dolmen (dms)

