Installé en France au début des années 2000, mais toujours partagé entre son pays d’origine, Cuba, et l’Afrique, Abraham Mansfarroll Rodriguez est un percussionniste talentueux et très demandé. Il a joué aux côtés de Tito Puentes, Orlando Valle ou Chucho Valdès, mais aussi Henri Guédon, Charles Aznavour, Angélique Kidjo, Camille Bertault ou même Clara Luciani et Lady Gaga. Avec África sí, il signe son troisième album après Utop!a Guantanamera en 2017, et un hommage à Dizzy Gillespie il y a cinq ans. África sí explore le lien indéfectible entre l’Afrique et la Caraïbe, à travers l’histoire des rythmes et de leurs échanges entre les deux rives de l’Atlantique. Mansfarroll dialogue ainsi au long de titres qui sont autant de mélanges et de voyages, où l’on passe du plus profond de la forêt équatoriale aux trottoirs de la Havane, accompagné d’une pléiade d’invités des deux bords. La musique est particulièrement soignée, portée par les rythmes avant tout, entre afro et latin jazz, ouvrant la porte à la kora de Ballaké Sissoko, la flûte pygmée ou la sanza de Patrick Bebey, riche en cuivres et en cordes. L’afrobeat se fond avec le plus grand des naturels dans le son cubano et les textes racontent cette histoire commune, rappellent l’unité de l’humanité et magnifient l’Afrique. Pour clore le voyage, Mansfarroll reprend Girl Talk de Neal Hefti, dans sa version Nougaro – Dansez Sur Moi, mais façon latine, et c’est délicieux. Laissez-vous entrainer !



