La bassiste Thérèse Henry navigue depuis longtemps dans les eaux colorées où se croisent musiques tropicales et jazz. Elle fait vivre le collectif Djazil, au sein duquel ont notamment défilé Jonathan Jurion, Lukmil Pérez Herrera, Alain Debiossat ou Cédric Baud. Plus tôt déjà, il y a une vingtaine d’années, elle tenait la basse sur l’un des derniers opus d’Exile One. Mais, à ce jour, rien encore sous son seul nom. Elle comble aujourd’hui cette attente avec la sortie de l’album Aimant Si Passion. Une belle découverte, d’autant que l’on y apprend avec délice que Thérèse Henry est également chanteuse. Elle y déploie un smooth jazz tropical, souvent créole et toujours baigné de soleil. Portée par le Rhodes de Thierry Vaton – qu’elle avait accompagné sur son précédent album, Bel Matjoukann – et les percussions aériennes de Fabrice Thompson, sa voix cristalline nous entraîne du Brésil à la Caraïbe, dans une certaine idée du bonheur et de la douceur de vivre. On songe aux premiers albums de Tangora, autant qu’à une évolution vocale de Djazil. Pour l’occasion, Thérèse Henry s’entoure d’un remarquable quintet de jazz : les doigts inspirés de Cédric Baud dialoguent avec les claviers moirés de Thierry Vaton, tandis que Mathieu Borgne, aux steel drums, renforce l’ancrage caribéen de l’ensemble. Alain Debiossat, quant à lui, vient orner de ses lignes de saxophone une grande partie des titres. Chantant en français comme en créole, Thérèse Henry laisse aussi tout l’espace nécessaire à sa basse pour converser avec ses complices. De ces échanges naît un album lumineux, idéal pour se laisser rafraîchir par le jazz en ces temps de canicule.




