Brèves - Disques

Alain Jean-Marie présente Gwadarama

Au creux de l’été est paru, presque inaperçu, un nouvel album de jazz caribéen, signé de la griffe d’Alain Jean-Marie. Alerté par hasard, j’ai rendez-vous avec le pianiste en cette fin juillet, au Sunside. Il y accompagne le saxophoniste Steve Grossman, en quintet, pour un retour aux sources du standard. Au passage, je note que la jeune classe est présente pour écouter et enrichir ses références ; c’est toujours réconfortant de toucher du doigt ce lien entre les générations qui est si propre au jazz. Mais revenons au disque du jour… « C’est une initiative de Thierry Gairouard, véritable amoureux du gwoka, et qui souhaitait réaliser un album de piano jazz guadeloupéen, ancré dans la tradition de nos rythmes antillais » explique Alain. Avec Félix Cotellon, qui signe les liner notes, ils sont d’ailleurs les organisateurs du festival de gwoka de Sainte-Anne depuis de nombreuses années. « L’album est une commande, et s’appelle Gwadarama, pour représenter l’éventail de ces musiques. C’est un album clairement plus « roots » (sic) que la série des Biguine Reflections ». L’équipe est donc guadeloupéenne. Marcel « Mano » Falla est à la basse et Roger Raspail aux percussions et au gwoka ; les autres sont venus de Guadeloupe en cet automne 2008, pour enregistrer à Paris : le batteur Raymond Grégo, et également Olivier Mathurin, qui a fait le déplacement depuis son Golden Ears studio de Sainte-Anne pour capter l’ensemble.

L’album s’ouvre sur un lewoz de Franck Nicolas, « Zalizé ». Le choix n’est pas une simple coïncidence. En 2002, le trompettiste avait en effet réussi à convaincre Alain Jean-Marie de l’accompagner à New York pour y graver « Jazz-ka philosophy – 1848 » déjà bâti sur les rythmes du gwoka. De la modernité, on passe à la tradition, sur une biguine de Jean Bordin, « Bato-la ». L’album nous promène ainsi dans le temps et dans la diversité de l’expression culturelle musicale guadeloupéenne. « 15 août », de Roger Raspail – et déjà présent sur l’album « Fanny’s dream » du côté du gwoka, « Morena’s rêverie » écrit par Alain Jean-Marie ou « Blues For » de Roger Raspail sur le versant jazz et blues, « Tijan » pour la tradition… Les harmonies et les arrangements d’Alain Jean-Marie apportent beaucoup de richesse et de modernité à l’ensemble. La – très bonne – surprise vient probablement de la reprise de « Zouk la » de Jacob Desvarieux. « Ce n’est pas tant pour jouer du zouk, mais plutôt en hommage au grand compositeur qu’est Jacob, à travers une de ses compositions emblématiques » précise Alain. Gwadarama se referme comme il s’était ouvert sur une composition de Franck Nicolas, un très beau kaladja, « Adan ondot soley ». L’album est d’ores et déjà disponible à la FNAC et sa distribution aux Antilles devrait suivre à l’automne.


Alain Jean-Marie : « Gwadarama »


Année : 2009
Label / Référence :
Personnel : Alain Jean-Marie (pno), Marcel "Mano" Falla (b), Raymond Grégo (dms), Roger Raspail (ka & perc)
Production : Th. Gairaouard Prod. & O. Mathurin ; Enregistrement : oct/nov 2008 - Acousti Studio - Paris
Titres
1. Zalizé (F. Nicolas) – 03:10 ; 2. Bato-La (J. Bordin) – 03:43 ; 3. Morena’s rêverie (A. Jean-Marie) – 05:53 ; 4. 15 août (R. Raspail) – 03:26 ;5. Tiéri An Landémil (A. Jean-Marie) – 04:04 ; 6. Jokad é Maritérèz (F. Desplan) – 05:06 ; 7. Blues For (R. Raspail) – 05:40 ; 8. Tijan (trad.) – 05:40 ; 9. Zouk-La (J. Desvarieux, G. Décimus) – 04:59 ; 10. Lanbi-La (J. Bordin) – 02:38 ; 11. Adan Ondot Soley (F. Nicolas) – 03:46

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