Jacques Schwarz-Bart revient, en cette fin d’été, avec un album de combat, Resistance, enregistré en trio avec Reggie Washington (cb) et Arnaud Dolmen (dms). Rien que la formule choisie, acoustique et sans instrument harmonique, est un acte militant en soi : elle libère l’espace, impose le dialogue direct, et porte en elle-même le défi de la dompter. La résistance est dans la nature de Jacques, dans son identité multiple à l’histoire souvent martyrisée, devant les injustices auxquelles le monde fait face. Jacques s’est régulièrement attaché à défendre ces cultures en danger à travers ses albums Soné Ka La, Jazz Racine Haïti ou bien Hazzan par exemple.
Le choix de ses acolytes n’est pas anodin non plus. La collaboration avec Reggie Washington remonte au RH Factor de Roy Hargrove, et le bassiste est à l’origine du collectif Black Lives — auquel Jacques a participé — qui revendique la résistance face à toutes les inégalités de la société, pas seulement le racisme systémique américain. Arnaud Dolmen, batteur qu’on ne présente plus, fait vivre dans ses fûts l’identité de la Guadeloupe à travers le gwoka, et plus largement la Caraïbe.
Les trois se connaissent parfaitement et donnent à cette révolte multiforme un volume concret, à l’énergie extraordinaire. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le titre d’ouverture, éponyme, tout en rage contenue. Mais Jacques varie les climats pour décliner le message selon les batailles à mener, les hommages à rendre. Il en écrit même sa première biguine, Violetta, pour saluer la mémoire de Violetta Chaville, reine des cuisinières de Guadeloupe. La culture caribéenne revient avec Monté Pli Ho et trouve son apogée dans la résistance à l’esclavage, magnifiée par Neg Mawon. Le trio touche ici presque au free, évidence pour ce message !
Calme, amour et nostalgie complètent la palette, quand il s’agit de transmettre aux nouvelles générations (Ezra, à destination de son fils), de s’associer aux douleurs (Empathy), ou de se souvenir des luttes passées (Song for Abraham S., en l’honneur de son père, André Schwarz-Bart, écrivain et résistant lui-même).
Arnaud Dolmen et Reggie Washington complètent à merveille ce trio, par le dialogue permanent qu’ils instaurent, entre eux et avec le leader, porté par le son ample de la contrebasse et les couleurs des percussions. Ils dessinent à eux trois des arabesques, des volutes, aussi bien que des tornades irrésistibles. Resistance s’impose ainsi comme un album indispensable dans la discographie du saxophoniste.
Plus d’information :
- Date de sortie : 28 août 2026
- Concerts de sortie au Sunset, les 15, 16 et 17 octobre 2026
- Le site de Jacques Schwarz-Bart : https://brotherjacques.com/




