IloJazz 2010 – Aux Abymes

Les 10 et 11 décembre dernier, IloJazz s’était déplacé aux Abymes, d’abord devant le Centre Culturel Sonis, puis sur la place de l’ancienne Salle des Fêtes. D’emblée, le quartet de Sonny Troupé enflammait la scène – après en avoir récemment fait autant au cours du Festival Influences Caraïbes à Paris. Un quartet jeune, avec Mike Armoogum (b), Grégory Privat (keys) et surtout Arnaud Dolmen (ka, perc), dont le sourire permanent et désarmant en dit long sur son plaisir à participer et partager sa musique. Leedyah Barlagne était l’invitée du groupe sur plusieurs compositions quasiment taillées sur mesure. Ce fût un grand moment d’émotion pour tout le monde, y compris Sonny lui-même, toujours fier de venir présenter sa musique dans son pays.

On enchainait avec le bassiste martiniquais – basé à Paris – Chyco Simeon, qui présentait son jazz fusion, entre Caraïbes et “Marcus-Millerisme”. Sur le répertoire de son dernier album, “Ozanam”, il emmenait avec lui le jeune Sylvain Joseph (sax) avec lequel plusieurs échanges haut en groove firent monter la pression. Que de chemin parcouru depuis les bœufs du P’ti Paris ! Il était également accompagné de Jean-Phi Dari (keys), Sylvain Joseph (dms) et Philippe Narly (perc). Enfin, la soirée se clôturait sur la reformation improbable – et éphémère – d’une ancienne gloire de l’afro-beat, le “Ghetto Blaster” de David “Kiala” Nzavotunga, et de la chanteuse Myriam Betty. Presque trente ans après sa création, Ghetto Blaster délivre toujours la même chaleur communicative et emporta l’adhésion du public. En guise de final, Gérard Poumaroux lui-même rejoignait le groupe sur scène sur quelques lignes de basse qui prouve que malgré ses charges administratives, il n’avait rien perdu de son savoir-faire musical.

Le lendemain, la Guadeloupe était encore à l’honneur, puisque c’est le groupe Kriyolio qui présentait son gwada-jazz et le répertoire de son nouvel album “Man’Groove” aux Abymes. Dans des conditions de scène qu’il faut bien reconnaître comme difficiles, Marc Bernos (g) et ses acolytes ont réussi à faire passer leur message, malgré un son qui n’était pas des meilleurs. Il en fallait en effet plus pour décourager Georges Juraver (dms), Valéry Entiope (perc), Jean-Luc Otvas (b), Olivier Vamur (fl), Annick Noël (pno), Olivier Cafafa (sax) ainsi que Patrice Coyo et Leedyah Barlagne (vcls), et le jazz pût quand-même s’enorgueillir de plusieurs bons moments, d’échanges musicaux de bonne tenue. Tant mieux !

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