Amériques - Disques

Lyannaj, par Glawdys n’Dee

De sa voix puissante et chaude, Glawdys n’Dee proclame le Lyannaj des cultures ! Basée à Chicago, la chanteuse guadeloupéenne livre un album riche et varié, à l’image de son histoire personnelle inscrite dans le triangle Antilles – métropole – Etats-Unis. Chaque composition est en soi un morceau métissé, entre jazz, zouk, r&b, reggae, Afrique, gwoka… et c’est l’authenticité de tous ces arrangements qui frappe, car le Lyannaj n’est pas seulement déclaré, il est profondément ressenti. Glawdys n’Dee s’est entourée des musiciens américains qui l’accompagnent régulièrement sur les scènes de Chicago – l’album a d’ailleurs été reconnu comme l’un des meilleurs de l’année 2010 par le site ChicagoJazz.net – et elle a fait venir Frantz Fléreau à Chicago pour assurer les percussions, gwoka en tête, et impulser l’esprit antillais du disque. On retrouve également le bassiste cubain Victor Miranda – Al di Meola, Orquesta Aragon… – sur de nombreux titres, pour renforcer encore les couleurs caribéennes de Lyannaj. Au total, Lyannaj est très probablement le disque que l’on n’attendait pas, mais en revanche, Glawdys n’Dee est certainement désormais la chanteuse que l’on attend sur nos scènes !


Vous baignez dans la musique depuis toute petite. Enfant, en Guadeloupe, vous êtes repérée par André Condouant. Racontez-nous.

A l’âge de quatorze ans, j’ai participé à une audition organisée par Daniel Forestal et André Condouant. J’ai été sélectionnée parmi 80 participants. De là, Daniel s’est appliqué à nous exposer à plusieurs styles de musique et à nous introduire à la scène. Ce fût une expérience enrichissante.

Vous débutez professionnellement dans le Gospel, à Paris, puis décidez de partir pour l’Amérique. Qu’est-ce qui vous y a poussé ?

J’avais envie de vivre d’autres expériences. A cette époque, je croisais souvent beaucoup de musiciens américains sur la scène parisienne, et bon nombre d’entre eux venaient de Chicago. Un jour, j’ai été sollicitée pour participer au concert du chanteur de blues, Patrick Verbeke. Luther Allison était présent. Après ma prestation, Luther est venu vers moi, et m’a prise la main en souriant. Il m’a dit alors en me regardant droit dans les yeux : « You can sing the blues ». Ce fût le déclic !

Qu’attendiez-vous de ce dépaysement ?

Je voulais m’immerger dans la source, sentir les choses à un degré plus profond. Il y a des choses qui ne s’apprennent pas dans les livres ou sur une partition seulement. Il faut les vivre. Les sonorités, les phrasés, les pulses rythmiques d’un peuple se retrouvent dans son environnement quotidien : dans le langage, la démarche, le rire…. Il faut juste tendre l’oreille et être réceptif.

L’Amérique a-t-elle tenue ses promesses ? Comment s’est façonnée votre musique, au contact de toutes ses influences ?

Oui. Sans aucun doute. La culture n’a pas de prix. C’est une richesse à vie dont personne ne peut te dérober. Il est clair que ces expériences ont contribué à façonner mon identité musicale. Je pense que cela s’entend dans mes compositions. Cependant un artiste se renouvelle et se crée constamment. Je reste très ouverte.

La musique de Glawdys n’Dee est profondément ancrée dans la Caraïbe. Est-ce que le public américain y est sensible ?

C’est un public très réceptif. C’est vraiment un plaisir de partager avec eux. Le son du ka a résonné à Chicago pour la première fois de cette manière et a conquis ce peuple. Pour moi, c’est une victoire pour notre culture.

Venons-en à Lyannaj – dont le titre traduit justement ce lien entre les cultures, aussi différentes soient-elles. Quelle était votre idée au départ du projet ?

Lorsque j’ai composé la musique de l’album « LYANNAJ », je voulais trouver une sonorité dans laquelle chacun pouvait se reconnaitre, tout en gardant l’identité caribéenne. Au lieu de me focaliser sur nos différences, je me suis tourné vers nos similitudes. « Lyannaj » porte un message… A vous de l’entendre.

Outre la Caraïbe, les accents africains et les références à l’Afrique sont nombreux. C’est un choix délibéré ?

C’est un clin d’œil à l’Afrique et à nos ancêtres…

Les percussions caribéennes sont assurées par Frantz Fléreau…

Il était important pour moi d’inclure le Ka sur l’album. Nous avons donc fait appel au percussionniste Guadeloupéen Frantz Fléreau, qui a fait le déplacement jusqu’à Chicago. Cela a renforcé davantage la présence de nos styles rythmiques sur l’album, et a permis aux autres musiciens de percevoir un peu mieux notre état d’esprit.

Lyannaj nous fait voyager dans toutes vos influences, reggae, zouk, gwoka, soul, jazz… C’est un message commun et universel ?

Oui, c’est tout à fait ça : Une célébration de l’unité dans la diversité.

Vous êtes en tournée pour présenter l’album ? Quel est le programme prévu ?

Nous planifions être sous peu en France et aux Antilles. Les choses se mettent en place. Je vous dis donc à très bientôt…


Plus d’information sur le site de Glawdys n’Dee, le Global Music Network.

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